Axes thématiques

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Les neuf axes thématiques définissent les problématiques qu'il nous semble primordial de discuter au cours du Forum social québécois 2009.

Les activités soumises dans le cadre du processus d'autoprogrammation devront s'inscrire dans l'un des neuf axes suivants :

  1. Droits humains, droits des peuples, lutte pour l’égalité et pour la diversité ;
  2. Démocratie, pouvoir, participation citoyenne et rôle de l'État : repenser le politique ;
  3. Lutte et mobilisation sociales au Québec : monde du travail et luttes syndicales, actions communautaires, mouvements sociaux, économie sociale ;
  4. Crise du capitalisme : repenser les modèles de développement ;
  5. Lutte contre la marchandisation du bien commun, des services publics et la privatisation du savoir, de l'éducation et de la santé ;
  6. Environnement, santé et écologie ;
  7. Arts, culture, démocratisation de l’information et des moyens de communication ;
  8. Solidarité internationale, pacifisme, lutte contre l’impérialisme et la guerre ;
  9. Éthique, spiritualité et religions.

Les axes thématiques ont été adoptés à l'unanimité lors de l'Assemblée générale du 18 avril 2009.

Les textes descriptifs de chacun des axes sont les suivants :

  1. Droits humains, droits des peuples, lutte pour l’égalité et pour la diversité
  2. Dans une société dite démocratique, les droits humains et le droit des peuples demeurent une lutte constante. La répression policière va s’accroissant, et menace notre droit de manifester. L’homosexualité reste un tabou ou une source de discrimination, et le racisme est loin d’avoir disparu. La pauvreté atteint notamment les femmes et les enfants, les immigrantEs, les autochtones et les personnes âgées. De plus en plus de gens sont sans logis ou consacrent plus de 50% de leurs revenus pour se loger. Nos politiques favorisent de plus en plus les nantis. Sans qu’on le dise, la loi du profit règne en maître sur toutes les autres lois. Ici et ailleurs, les droits humains sont bafoués. Les immigrants sont refoulés aux frontières ou emprisonnés sans qu’ils sachent pourquoi. Devant ces faits, n'est-il pas légitime de se demander ce qu'ilen est de l’effectivité de nos droits, en particulier des droits sociaux, économiques et culturels?

  3. Démocratie, pouvoir, participation citoyenne et rôle de l'État : repenser le politique
  4. La démocratie est en crise. La délégation du pouvoir à des représentants élus revient souvent à le confisquer aux citoyenNEs au profit des grandes corporations. La prise de parole est muselée. L’État se désengage de ses responsabilités envers la communauté. Dans ce contexte, il y a une perte de confiance envers les institutions et leurs représentants. Mais n’y a-t-il pas là un terreau fertile pour une autre forme de démocratie? Le temps est venu de repenser le politique, d’innover pour se réapproprier le pouvoir. Comment pouvons-nous participer activement au processus décisionnel pour orienter le développement de nos sociétés vers un monde plus juste, plus équitable, plus solidaire, plus respectueux de l’environnement ? Plusieurs avenues sont possibles : mouvements sociaux, action communautaire, partis politiques progressistes, coopératisme, démocratie participative, réforme du mode de scrutin, redéfinition du rôle de l’État, etc. Autant de chemins ouverts à la participation citoyenne.

  5. Lutte et mobilisation sociales au Québec : monde du travail et luttes syndicales, actions communautaires, mouvements sociaux, économie sociale
  6. Le capitalisme sauvage impose la loi du marché et le néolibéralisme prêche la prudence. Mais la richesse est-elle redistribuée équitablement ? Dans le monde du travail, la réorganisation mondiale de l’économie et des institutions se fait sentir : licenciements massifs, sous-traitance, travail précaire, délocalisation des entreprises et attaques contre le syndicalisme... Cette logique d’exploitation affecte l’énorme majorité de la population québécoise et mondiale. Le fossé entre riches et pauvres se creuse et les travailleurs et les travailleuses du monde entier sont mis en compétition entre eux. Face à ces menaces, les mouvements syndical et sociocommunautaire se recomposent pour élargir les droits humains et consolider un tissu social fort pour tous. Au Nord comme au Sud, les PME, les entreprises d’économie solidaire, les coopératives agricoles, les groupes de défense des droits humains s’organisent et développent des modèles alternatifs pour l’inclusion des plus démunis, pour une justice sociale.

  7. Crise du capitalisme : repenser les modèles de développement
  8. Spéculations boursières, effondrement des marchés financiers, chute de la valeur des fonds de retraite, pertes massives d’emplois, flambée des prix des biens de consommation, pauvreté accrue, catastrophes écologiques, injections faramineuses de fonds publics pour sauver des institutions financières et des grandes entreprises. Le système capitaliste est en crise. Devant cette crise, il faut se questionner en profondeur sur la financiarisation de l’économie et sur les façons de consommer. Pour remettre l’humain au cœur des préoccupations économiques, plusieurs avenues existent. Il ne s’agit pas d’utopies, mais bien de modèles ayant fait leurs preuves, ici comme ailleurs. Il faut, plus que jamais, les mettre de l’avant, leur donner les moyens de se développer. Parmi ces solutions : l’économie sociale, les initiatives de développement local et régional, le développement durable, la consommation responsable, l’agriculture de proximité et biologique, les projets de taxation des transactions financières, équité fiscale, etc.

  9. Lutte contre la marchandisation du bien commun, des services publics et la privatisation du savoir, de l'éducation et de la santé
  10. Les services publics sont dans la mire des commerçants de services. Le réseau de santé est gravement menacé par la privatisation. Les tentatives d’assujettir l’éducation aux lois et aux besoins du marché se multiplient. Par les droits de propriété intellectuelle, les grandes entreprises s’approprient le savoir. Nos services publics, les systèmes de santé et d’éducation feront-ils les frais de la crise ou au contraire, saurons-nous profiter d’une nécessaire restructuration de l’économie pour les retirer de la sphère marchande? Quelles alternatives devrons-nous dégager pour contrer les menaces de privatisation du bien commun et réussir à promouvoir l’éducation tout au long de la vie ? Qu’en est-il des PPP, des services de transport en commun, des industries pharmaceutiques, de la privatisation de la recherche, des besoins des CPE, du sous-financement de l’éducation, de l’endettement des étudiantes et des étudiants, des droits de scolarité, des programmes sociaux ? Comment arriver à assurer plus de justice par des services et des connaissances accessibles à tous ?

  11. Environnement, santé et écologie
  12. Notre Terre n’est pas à vendre. Malheureusement, les décisions politiques prises via les grandes organisations internationales, ainsi que dans notre propre Parlement, mettent en danger notre bien commun. On le sait, le modèle prôné par le néolibéralisme va directement à l’encontre des principes formulés par le développement durable. La souveraineté alimentaire des pays est menacée. Le commerce inéquitable, érigé sur l’autel du « libre-échange », est en train d’épuiser toutes nos ressources naturelles. La pollution sous toutes ses formes est une menace de plus en plus importante pour la santé. La mise en œuvre de modèles alternatifs de développement pour nos sociétés demeure la meilleure façon de retrouver un mode de vie sain, équitable et durable. À petite et grande échelle, des citoyenNEs trouvent des solutions aux enjeux environnementaux actuels. Quels sont les gestes et les stratégies qui nous permettront de renverser la vapeur? Comment forcer les États à prendre leurs responsabilités?

  13. Arts, culture, démocratisation de l’information et des moyens de communication
  14. La création et l'information sont l'oxygène des peuples et de la démocratie. Sans des médias libres, pluralistes, peut-on encore en parler? Au Québec, deux conglomérats médiatiques se disputent le monopole des moyens de communication, d’information et de production culturelle. Alors qu'ils tentent de retourner la notion de pluralisme à leur avantage, quelles sont les expériences concrètes et les luttes à mener pour démocratiser les médias, leurs contenus, leurs auteurs? Comment, dans ce contexte et celui d'une intégration mondiale, conserver son identité, sa culture et sa langue? Comment ne pas être aspiré par le marché étasunien et ses normes culturelles? Comment, au sein même du Québec, donner place aux différentes expressions? Comment investir l’espace public par la création libre et engagée, alors que les artistes sont menacés au quotidien par la marchandisation de la culture, et que se réduisent les budgets alloués à la culture?

  15. Solidarité internationale, pacifisme, lutte contre l’impérialisme et la guerre
  16. Nous sommes tous interdépendants, la crise actuelle nous le rappelle. Les dirigeants du G20 se réunissent pour sauver le capitalisme, pas pour rendre le monde plus juste. La coopération des peuples du monde entier reste donc plus que jamais cruciale. Si la rhétorique guerrière est en déclin, cela ne doit pas leurrer. Amérique du Nord, Europe, Afrique, Asie, Amérique Latine, Proche et Moyen-Orient : partout les logiques militaires prévalent, partout les budgets militaires explosent. Le Canada est en guerre en Afghanistan depuis 2001, comme 43 autres pays. Et quand ce n'est pas la violence militaire, c'est la violence économique qui règne. Les politiques du FMI, de la Banque Mondiale, les accords de « libre » échange continuent à alimenter les déséquilibres et les dépendances économiques et financières des pays en voie de développement. Quelles sont les luttes et les propositions contre les impérialismes, pour un monde pacifique et solidaire?

  17. Éthique, spiritualité et religions
  18. Les questions de l’ordre social liées à l’éthique, la spiritualité et la religion sont sensibles. On peut y mêler facilement l’intime et le public, la quête spirituelle et la politique, la tolérance et l’intolérance. L’éthique et les valeurs d’une collectivité sont mouvantes dans le temps, elles ont un degré d’adhésion variable selon les individus. On parle aussi d’une construction sociale où les religions jouent un rôle capital dans une quête de sens collective. Quels ont été au Québec les impacts de la laïcisation sur les plans spirituels et éthiques? Sur l’action militante des religions? Sommes-nous une société en quête de sens? Comment tente-t-on d’y répondre? Est-ce que le marché a pris toute la place avec des produits spirituels faciles à consommer? Quelles sont les voies alternatives pour développer une vie spirituelle épanouie et construire, démocratiquement, sans domination, une éthique collective et un meilleur vivre-ensemble?

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